Mieux comprendre la cicatrisation

La cicatrisation d’une plaie est un mécanisme qui engendre plusieurs facteurs qui sont propres à chaque organisme. Elle fait appel aux processus de réparation d’une lésion localisée et de la régénération d’un tissu. Nous prendrons en exemple la cicatrisation d’une plaie cutanée aiguë, lésion très courante qui peut être appliquée aux différentes plaies, à quelques variantes près. Quelles sont les étapes de la guérison d’une plaie ? La cicatrisation est régie par des mécanismes physiologiques. Il y a deux buts essentiels dans ces mécanismes : la lutte anti-infectieuse et la réparation cellulaire. Le mécanisme du signal de terminaison, qui permet à la cicatrisation d’aboutir à son terme, est l’un des problèmes les plus importants. Il y a trois phases successives dans le processus de cicatrisation: Une phase vasculaire et inflammatoire, précoce Une phase de bourgeonnement. Un tissu se forme, qui permet de combler la perte de substance par un nouveau tissu. Elle se poursuit jusqu’à fabrication d’une nouvelle peau (l’épithélialisation ou re-épidermisation) Une phase tardive et longue de remodelage cicatriciel Cependant, la capacité de la plaie à se régénérer reste soumise à de nombreuses contraintes. La rapidité et la qualité de la cicatrisation dépendent de l’état général de la personne, de la lésion, de l’état et de la localisation de la plaie et de la présence ou non d’une infection. Donc, toute perturbation de l’une de ces phases peut mener à un retard ou à une complication de la cicatrisation et donc à une plaie chronique. Facteurs de blocage et retard Les facteurs généraux Métaboliques (ex :diabète): Le diabète entraîne des risques, l’afflux sanguin est limité ce qui ne permet pas aux plaies d’avoir les ressources nécessaires présentes dans le sang pour favoriser une cicatrisation rapide. Nutritionnels: Les carences en calories et en protéines ont des conséquences néfastes. Elles perturbent l’ensemble des phases de la cicatrisation. Les carences en vitamines A et C ainsi que le manque de protéines bloquent le processus. Les pathologies vasculaires (insuffisance veineuse, hypertension artérielle,…): Une hypoxie (manque d’oxygène) est souvent en cause (patients âgés ou fumeurs). L’insuffisance veineuse également, un ralentissement circulatoire crée une masse autour des vaisseaux capillaires qui altère la diffusion de l’oxygène. Par ailleurs, l’obésité augmente la tension dans la plaie. L’âge: responsable de l’affaiblissement des défenses immunitaires et de la diminution de la résistance aux bactéries. Les problèmes de circulation: mauvaise alimentation de la plaie en nutriments, en cellules sanguines et en oxygène Certaines maladies héréditaires: maladies congénitales du tissu conjonctif (Ex: Maladie d’Ehlers Danlos, Syndrome de Werner…). Autres facteurs: problèmes de mobilité, troubles de la continence, stress… Les facteurs locaux L’infection: La présence de bactéries dans les plaies chroniques est fréquente. La colonisation d’une plaie par des micro-organismes est habituelle, normale et n’entrave pas à une bonne cicatrisation. Par contre, la présence d’un trop grand nombre de germes, générant des signes infectieux, retarde la cicatrisation. Le diagnostic de l’infection est avant tout clinique. Il peut être accompagné de prélèvements qui apportent des renseignements sur le type de germes, mais ne peuvent pas à eux seuls permettre de distinguer la colonisation de l’infection. L’ischémie (l’arrêt ou l’insuffisance de la circulation sanguine dans une partie du corps ou un organe) La présence de corps étrangers Le mouvement dans la zone blessée et la tension dans la zone de blessure Les œdèmes et les hématomes Les facteurs de retard de cicatrisation et la plaie tumorale La présence de cellules cancéreuses dans la zone d’une plaie empêche la cicatrisation ou pire, provoque l’extension de la plaie. En cas de bonne réponse du patient au traitement anti cancéreux, le processus peut être retard par l’ensemble des facteurs « classiques » cités précédemment. Il apparaît que les traitements anti tumoraux, seuls garants d’une éventuelle cicatrisation, peuvent également être à l’origine d’un retard de cicatrisation. En cas de non réponse au traitement, ces facteurs de retard de cicatrisation ne feront que compliquer davantage la situation. Des traitements pour aider la cicatrisation? Effectivement, il existe certains traitements qui favorisent le processus: Les radiations ionisantes: elles peuvent entraîner une fibrose du derme et un épaississement des vaisseaux en limitant les échanges gazeux au niveau des vaisseaux Les cytostatiques (utilisés en chimiothérapies, ils limitent la prolifération des cellules) ou les corticoïdes Les anti-inflammatoires La luminothérapie: cette méthode de traitement naturelle a de nombreux bienfaits au niveau cutané (notamment).